Coaching et management de crise : un témoignage.

J’ai la chance d’accompagner avec Sophie Manégrier l’agence Elan-Edelman sur les questions de management et de raison d’être. La semaine dernière nous avons contribué à la mise en place du télémanagement de crise. C’est rare que je fasse des « feedback » de nos actions chez les clients mais cette fois je me dis que le mode « open source » peut aider.

Je pense sincèrement que cette agence pilotée par Marion Darrieutort a un coup d’avance. Bien sur, la période est difficile et il y a des hauts et des bas mais globalement l’agence fait bloc, elle accepte l’inconnu et reste naturellement tournée vers l’accueil du renouveau.

Alors comment font-ils ? Je passe les « tips » sur le télétravail et les différentes actions conviviales (apéros, yoga …) qui émergent en ce moment. Elles sont intéressantes mais ont été déjà largement relayées.

Je vais me concentrer sur 5 raisons qui expliquent cette adaptation après deux semaines de confinement.

Raison 1 : une raison d’être partagée, concrète et opérationnelle.

Les cadres dirigeants ont pris le temps de s’aligner collectivement avant la tempête. Avant le COVID19, l’équipe de direction a initié un travail profond de coaching collectif sur sa raison d’être à partir d’un modèle stratégique, issu des travaux d’universitaires de Stanford. Cette raison d’être n’est pas une « base line » marketing, c’est une énergie commune qui se traduit concrètement dans le management. Cette boussole guide leurs prises de décisions, leurs mode de coopération et leurs relations avec les clients.

Raison 2 : Leadership et art du cadre.

Très tôt, la dirigeante d’Elan a su poser un leadership bienveillant, ouvert mais directif, les lieutenant de la cavalerie diraient « reines courtes ». Tous les matins, elle s’implique personnellement dans une visio collaborative avec l’ensemble des salariés (150 personnes). Pas si simple d’accepter cet exercice difficile !

Lors de ces réunions le groupe commence sa journée et se fédère, Marion n’hésite pas à partager ses doutes et sa vulnérabilité, ceci renforce encore la cohésion.

Lors de sa première visioconférence la CEO a posé un cadre très précis. Quel est le cadre non négociable ? Négociable ? Qu’est ce que j’attends de vous ? Que pouvez-vous attendre de moi ? Ce cadre, cohérent avec la raison d’être, est la structure qui donne la sécurité indispensable au groupe dans ces moments.

De son coté, chaque membre de l’équipe dirigeante coordonne ses troupes lors de réunions en fin de journée. Ces deux dispositifs se complètent et se renforcent mutuellement.

Raison 3 : confiance et courage 

Lors des crises, il y a des décisions difficiles à prendre. Les partager nécessite une bonne dose de courage managérial. Pour rendre ces moments plus simples mieux avoir construit une relation de confiance avec les salariés et créé un cadre explicite.

Raison 4 : un système de régulation et d’écoute.

La direction d’Elan-Edelman a compris très vite que l’agence était entrée dans un nouvel espace de management. Grace au cadre clair posé le premier jour, ils ont pu s’ouvrir à l’innovation. La première semaine, tous les managers ont pris le temps de mener un court entretien de 30 min avec leur n-1 pour fixer leur mode de coopération. Chaque entretien a fait l’objet d’une courte formalisation écrite. Ainsi, tous les salariés co-construisent le mode de management d’après crise et donnent du sens à leur confinement. Ils acceptent d’apprendre au jour le jour.

Elan-Edelman a mis en place une hot line coaching, le confinement sera long et ses effets se font sentir dans le temps. Les managers peuvent bénéficier de ce dispositif en envoyant un simple mail pour prendre un rendez vous avec les coachs.

Raison 5 : des nouveaux liens de confiance avec les clients.

Tous les salariés de l’agence sont tournés vers leurs clients, c’est dans l’ADN de l’agence. Avec le confinement, l’écoute change, elle est plus profonde, les collaborateurs apprennent avec leurs clients. Ils construisent de nouveaux liens de confiance inédits et ce, malgré la distance. La raison d’être de l’agence étant de « créer des liens de confiance », la boucle est bouclée.

Voila, il y aurait encore beaucoup à dire et l’apprentissage est loin d’être terminé. Actuellement, le rôle des leaders est encore plus important qu’en temps normal. La crise sera longue et les équipes dirigeantes doivent apprendre à s’économiser pour garder leur capacité de recul intact.

Le prochain chapitre commence après le confinement avec ces questions : que gardons nous ? Que changeons-nous ? Comment fonctionnons-nous maintenant ? Que pouvons-nous faire différemment ? L’agence Elan Edelman est déjà dans cette position « meta » et c’est cela qui lui donne ce temps d’avance.

PS :Pour ceux que ça intéresse je vous livre une infographie qui vous invite a adopter la position « meta » pendant cette crise.

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